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Journal Hebdomadaire CPME78 - 7 au 13 mai



1 - La croissance économique devrait se situer autour de 0,2 % au 2ème trimestre 2022


2 - Le déficit commercial français sur un an passe la barre des 100 Md€


3 - Le pouvoir d’achat des ménages aurait baissé de 1,5 point au 1er trimestre 2022 avec l’inflation


4 - Les prix de l’alimentation ont augmenté de 3,3 % en France depuis avril 2021


5 - La part de l’industrie française dans le PIB pourrait atteindre 12 % en 2030


6 - Le secteur privé a recruté 66 000 salariés au 1er trimestre 2022


7 - La Cour de cassation entérine l’encadrement des indemnités prud’hommales


8 - L’actionnariat salarié est passé de 4 % en 2015 à 9 % aujourd’hui dans les PME


9 - Les livreurs et les VTC élisent pour la première fois des représentants


10 - Le nombre de salons grand public au 1er trimestre 2022 est 16 % inférieur au niveau prépandémie


11 - La CNIL constate une augmentation de 79 % des violations de données en 2021


12 - Les ventes de voitures électriques atteignent 22 % en Europe de l’Ouest


13 - Les exportations chinoises progressent plus lentement, à + 3,7 % en avril contre + 14,7 % en mars



Économie & Statistiques


1 - La croissance économique devrait se situer autour de 0,2 % au 2ème trimestre 2022

Dans son point de conjoncture de mai, la Banque de France indique que la récession n’est pas une hypothèse retenue à ce stade. Concernant l’inflation, le gouverneur François Villeroy de Galhau estime qu’elle ne devrait pas baisser avant 2023 et qu’elle constitue la première préoccupation des chefs d’entreprise. Selon la Banque de France, une part importante des entreprises ont déjà augmenté leurs prix (49 % dans l’industrie et 57 % dans le BTP) et de nombreux chefs d’entreprise prévoient encore de les augmenter en mai (42 % dans l’industrie). Malgré la crise en Ukraine et les confinements chinois, l’activité devrait continuer à progresser dans l’industrie et rester stable dans le bâtiment.


2 - Le déficit commercial français sur un an passe la barre des 100 Md€

Le déficit était de 85 Md€ l’an dernier. Sur le premier trimestre, selon les Douanes, le déficit commercial s’est creusé de 31 Md€, contre 16,2 Md€ au premier trimestre 2021. En mars, le déficit était de 12,4 Md€. L’augmentation des prix de l’énergie, un bien fortement importé par la France, est responsable de la moitié de la dégradation du déficit. Dans le détail, les importations ont été de 176 Md€ sur le trimestre (+ 20 % par rapport à 2019), quand les exportations ont augmenté de 5,3 %, à 139 Md€.


3 - Le pouvoir d’achat des ménages aurait baissé de 1,5 point au 1er trimestre 2022 avec l’inflation

Selon l’Insee, il pourrait encore baisser de 0,5 point au deuxième trimestre. Ceci est dû au taux d’inflation à 4,8 % sur un an en avril. Il pourrait dépasser les 5 % dès mai. Sans le bouclier tarifaire et la remise gouvernementale de 18 centimes par litre de carburant du gouvernement, l’inflation pourrait être de 2 points supérieure. Les prix alimentaires pourraient augmenter de 6 % dès juin, ce qui aurait un impact supplémentaire sur la consommation des ménages. Une loi pourrait être votée après les législatives pour tenter de limiter les impacts de l’inflation.


4 - Les prix de l’alimentation ont augmenté de 3,3 % en France depuis avril 2021

La société d’analyse américaine IRI (Information Resources, Inc.) évalue l’inflation des produits de grande consommation à 2,9 %. Les plus fortes augmentations de prix sont celles des pâtes alimentaires (+ 15,3 %), de la farine (+ 10,9 %) et des huiles (+ 10,0 %). Avec une inflation qui pourrait atteindre 5 % pour les produits alimentaires à la fin du premier trimestre, l’inflation du secteur atteindrait son plus haut depuis 2008. 94 % des produits de grande consommation sont concernés par l’inflation. Les industriels de l’agroalimentaire estiment que leurs coûts sont en forte augmentation (+ 15 % par exemple pour Lactalis). Les prix alimentaires pourraient continuer à augmenter jusqu’à 7 à 10 % d’ici la fin de l’année.



Entreprises


5 - La part de l’industrie française dans le PIB pourrait atteindre 12 % en 2030

Elle était de 10,1 % en 2019 selon PwC Strategy, qui a réalisé un rapport pour s’intéresser aux conséquences sur l’économie du plan de relance COVID de 100 Md€ et du dispositif France 2030 de 34 Md€. Pour le cabinet, dans le scénario « de référence », 1 € investi par l’État représenterait 2,5 € investis par le secteur privé. L’industrie bénéficierait particulièrement de ces plans, 431 000 emplois directs et indirects seraient créés, pour une valeur ajoutée qui augmenterait de 70 Md€ par an en 2030 pour le secteur (à 392 Md€ annuels). La part de l’industrie (à 12 % du PIB) resterait toutefois en-deçà de la moyenne européenne (16 % du PIB). Le déficit commercial relatif aux biens manufacturés se réduirait pour atteindre 12 Md€ en 2030.

6 - Le secteur privé a recruté 66 000 salariés au 1er trimestre 2022

Les effectifs du secteur ont progressé de 0,3 % selon l’Insee, soit 389 700 salariés entre 2019 (19,7 millions de salariés) et 2022 (20,1 millions). Le tertiaire marchand hors intérim est le secteur qui progresse le plus fortement (+ 38 900 postes en 3 mois). Le secteur de la construction croît aussi (+ 6 000 emplois salariés sur le trimestre). Depuis fin 2019, tous les secteurs ont progressé, sauf l’industrie (- 32 900 emplois salariés soit -1,1 %). Le secteur qui a créé le plus de poste est celui du tertiaire marchand (+ 255 800 postes, soit +2,1 %).

7 - La Cour de cassation entérine l’encadrement des indemnités prud’hommales

L’ordonnance promulguée à l’automne 2017 instaurant un barème pour les dommages et intérêts en cas de licenciement abusif a été confirmée par la juridiction nationale. La Cour de cassation ne s’était jusqu’à présent prononcée que pour avis. Conformément au principe d’égalité des citoyens devant la loi, les juges ne pourront pas faire d’exception au barème selon les situations.

8 - L’actionnariat salarié est passé de 4 % en 2015 à 9 % aujourd’hui dans les PME

Une étude du cabinet Eres menée sur 418 sociétés de plus de 20 salariés note que 84 % des chefs d’entreprise de PME y sont favorables, et que déjà 78 % des entreprises cotées y ont déjà recours, pour un total de 3,5 millions de salariés et 61 milliards de titres. Les salariés des PME semblent être enthousiastes, puisque le taux des souscripteurs est de 52 % avec une enveloppe moyenne de 3 832 € contre 34 % des salariés du secteur coté. Le tiers des opérations concerne le plan d’épargne entreprise (PEE) ou le fonds de placement d’entreprise (FCPE). L’objectif gouvernemental de 10 % des titres détenus par les salariés est réalisé par un tiers des entreprises.

9 - Les livreurs et les VTC élisent pour la première fois des représentants

120 000 électeurs (84 000 livreurs et 39 000 chauffeurs) sont appelés à voter d’ici le 16 mai. Les votants devront voter pour une organisation et pas pour une liste, qui pourrait entraîner les représentants à être rayés des plateformes. Les syndicats de salariés sont représentés (CFDT, CGT, UNSA, FO, SUD Commerces, CNT), tout comme la Fédération des autoentrepreneurs et l’organisation patronale des transports routiers. Toute liste ayant au moins 5 % des suffrages participera au vote pour élire 3 représentants. L’un des premiers sujets de négociations devrait être celui du prix unitaire des courses.



Cybersécurité


10 - La CNIL constate une augmentation de 79 % des violations de données en 2021

Dans son rapport d’activité 2021, elle affirme que 5037 notifications de ces violations (2825 en 2020) ont été notifiées l’année dernière. L’attaque des données confidentielles des entreprises doit être obligatoirement notifiée à la CNIL (RGPD entré en application en 2018). 6 notifications sur 10 concernent une cyberattaque. Les rançongiciels (une somme demandée contre des données) concernaient 43 % des signalements, soit 2 200 attaques, contre 1 500 à 1 800 plaintes enregistrés sur l’ensemble des cinq années précédentes. Au total, la CNIL a reçu 14 143 plaintes (13 585 en 2020). Les autres sujets fondamentaux de litiges sont la surveillance des salariés par leur employeur (dispositif de caméra ou Webcam) ou encore les plaintes relatives aux cookies abusifs. 15 amendes ont été dressées par la CNIL pour un chiffre record de 214 M€.



International


11 - Les ventes de voitures électriques atteignent 22 % en Europe de l’Ouest

C’est un record au 1er trimestre 2022 selon l’analyste Matthias Schmidt. Les ventes de ces véhicules avaient atteint 20,9 % en 2021 sur ce territoire. Ce sont 546 000 véhicules vendus au 1er trimestre 2022, dont 58 % de pur électrique (316 900 véhicules, + 59 % vs T1 2021) et 42 % d’hybride rechargeable (229 100, -7,6 % vs T1 2021). Les pays les plus consommateurs sont les pays nordiques (53,5 % des véhicules sont électriques en Suède et 90 % en Norvège). En France, l’électrique représente 20 % des ventes (dont 11,9 % en pur électrique). Le constructeur le plus performant est Tesla, qui passe devant Volkswagen, grâce à son Model Y (58 200 ventes).

12 - Les exportations chinoises progressent plus lentement, à + 3,7 % en avril contre + 14,7 % en mars

La perturbation des exportations est en partie due à la gestion du COVID chinoise. Le gouvernement a décidé de confiner 26 millions d’habitants depuis fin mars à Shanghai, ce qui oblige les Chinois à réaliser une partie de leurs exportations depuis les ports environnants. Cependant, la principale explication tiendrait à la baisse de consommation des occidentaux, touchés par l’inflation, d’autant que la plupart des ports fonctionnent normalement. Les importations sont aussi ralenties du fait du manque de douaniers sur les quais des ports et par les difficultés d’approvisionnement. La banque japonaise Nomura a évalué le coût de tests réalisés toutes les 48h, ce que font certaines villes. Si cette mesure est généralisée à l’ensemble de la Chine, elle pourrait coûter 1,8 points de croissance au pays.